04/10/2008

UN PARADIS pour les anglais et pour les autres

ILE DE MAN

Battue par les vagues de la mer d’Irlande, à une centaine de kilomètres du nord de l’Angleterre, l’île de Man est un des trésors cachés de Grande-Bretagne.

Ce sont les artistes victoriens du nordouest de l’Angleterre qui découvrirent ses beautés naturelles. Ils mirent le cap sur cette île longue de 55 km et large de 22 km, pour aborder dans une baie baptisée Douglas Bay. Ceux qui, aujourd’hui, dans le sillage de la communauté victorienne, prennent le ferry conventionnel pour rallier l’île (un peu moins de 3 heures à partir de Liverpool), voient, tels les écueils des sculptures victoriennes, surgir devant eux les rangées de maisons blanches. 

Le front de mer de Douglas Bay offre au regard un long festival de façades et d’encorbellements séparé de la mer par une large et belle promenade, éclairée le soir par des ampoules multicolores. En demicercle, à l’arrière des façades brillantes, se dressent de vertes collines émaillées de champs de cailloux blancs et gris, et parsemées de bandes de bruyères mauves et jaune vif. 

Les jours de grand soleil, la baie se pare du même bleu azur que la mer Méditerranée et l’on pourrait croire alors que Man est une île du Sud qui, déboussolée, fait voile vers le Nord – ce Nord d’où vinrent ses premiers découvreurs, avec à la barre le dieu marin Manannan Mac Lir, la divinité légendaire qui préserve Man de tous les malheurs possibles. On raconte qu’en 1075, par une nuit sans nuages, le roi norvégien Orry mit le cap sur l’île, en réglant sa navigation sur la route GPS que lui dictait la Voie lactée. “Là est ma voie”, aurait-il lancé, en montrant les cieux étoilés, “le chemin qui va de mon pays à cet endroit”. 

En mannois, une langue celtique toujours en usage sur l’île, la Voie lactée se dit, fort à propos, Yn Rad Mooar Ree Goree (le grand chemin du roi Orry). Le roi fit de Man un Etat, et donna à l’île un statut préparlementaire et une armée indépendante. Cette forme de gouvernement, vieille de près de mille ans, a survécu jusqu’à nos jours et les influences norvégiennes continuent de se faire sentir dans mille et une facettes de la vie quotidienne. Le Loaghtan, ce mouton à deux paires de cornes typique de l’île, y aurait été importé par les Norvégiens.

16:47 Écrit par Le P dans vacances | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |