21/02/2008

Eux aussi, l'indépendance?

Kosovo - un effet dominos ?

Ces régions qui rêvent d'indépendance

Sabine Verhest et Alain Durigneux

 

De l'Espagne à l'Azerbaïdjan, de la Moldavie à la Géorgie, des régions attendent leur tour. Le Kosovo a fait naître des espoirs de reconnaissance.

éclairage

A peine le Kosovo avait-il proclamé son indépendance - accompagnée par la reconnaissance de pays aussi puissants que les Etats-Unis, la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni - que les Abkhazes et les Basques se sont engouffrés dans la brèche. Pourquoi ne pourraient-ils pas à leur tour proclamer leur indépendance - si ce n'est déjà fait - et obtenir l'indispensable reconnaissance de la communauté internationale ? Des espoirs de bonne guerre, qui font craindre le pire aux pays en proie à des velléités sécessionnistes, bien qu'ils fassent fi de la realpolitik. Combien de pays au monde sont-ils en effet prêts à reconnaître la Transnistrie ou l'Ossétie du Sud ? Petit tour d'horizon européen des régions sécessionnistes en puissance.

1 Le Pays basque espagnol. La déclaration d'indépendance du Kosovo "est une leçon à suivre sur la manière de résoudre de manière pacifique et démocratique les conflits d'identité et d'appartenance", a affirmé dès dimanche après-midi la porte-parole du gouvernement basque, Miren Azkarate. Cela montre que le respect "de la volonté citoyenne est la clef de la résolution des problèmes politiques enkystés". La Communauté autonome basque, région prospère de plus de 2 millions d'habitants, jouit, comme la Catalogne, d'une très large autonomie. Mais, à la tête du gouvernement régional, le nationaliste modéré Juan José Ibarretxe nourrit l'ambition d'organiser d'ici à 2010 des consultations populaires destinées à obtenir la reconnaissance du droit des Basques à "décider librement" de leur futur.

L'exemple kosovar a aussi donné des ailes à l'ETA, confortée dans la certitude que son combat "n'est pas une utopie". Inscrite sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, elle est tenue pour responsable de la mort de 819 personnes en Espagne en 40 ans de "lutte armée" pour l'indépendance.

2 L'Abkhazie. "Le Kosovo nous donne de nouveaux espoirs", a déclaré le "ministre" abkhaze des Affaires étrangères Sergueï Chamba dans le "Figaro" de mardi. L'Abkhazie a déjà officiellement déclaré son indépendance en 1999, "et personne n'est prêt à envisager le retour à la Géorgie", mais aucun Etat, pas même la Russie qui la soutient économiquement, ne l'a reconnue. Depuis sa défaite contre Soukhoumi, après un conflit armé qui a fait près de 10 000 morts et plus de 200 000 réfugiés en 1992, Tbilissi n'a jamais pu étendre son influence politique et économique sur la république sécessionniste. Et "je déconseille à qui que ce soit de fourrer son nez dans cette affaire pour faire monter la tension", a averti lundi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili.

3 L'Ossétie du Sud. Cette province, prorusse elle aussi, s'est brièvement battue contre la Géorgie en 1992 avant de s'autoproclamer république indépendante en 1994. Deux référendums, en 1992 et en 2006, ont affirmé et confirmé la volonté sécessionniste des Sud-Ossètes, que personne sur la scène internationale n'a jusqu'ici entérinée. La région, où l'on paie en rouble et l'on capte un réseau de téléphonie russe, ne survit que grâce au soutien de Moscou. La minorité géorgienne, elle, organise régulièrement des scrutins parallèles pour faire entendre sa voix.

4 La Transnistrie. Encore une province autoproclamée indépendante, sans qu'aucun Etat ne lui donne du crédit. Cette région de Moldavie, où stationne la 14e armée russe malgré la chute de l'URSS, a voulu s'affranchir de Chisinau, en votant son indépendance par référendum en 1991. Mais c'est une guerre qui s'en est suivie, faisant plusieurs centaines de morts. La Transnistrie possède aujourd'hui sa Constitution, son drapeau, son hymne, son président, son parlement, son gouvernement, son armée, sa monnaie; mais ses habitants ont voté en 2006 pour le rattachement à la Russie en dépit de l'éloignement.

5 Le Haut-Karabakh. Enclavé en plein Azerbaïdjan, mais peuplé en majorité d'Arméniens, le Haut-Karabakh espère toujours que son indépendance, proclamée en 1991 à la suite d'un référendum mais pas adoubée par Erevan, devienne une réalité. Bakou a bien tenté de rétablir son autorité sur l'enclave, mais en vain. Les affrontements entre Arméniens et Azéris ont fait de nombreuses victimes et le calme n'est revenu qu'à la faveur d'un cessez-le-feu obtenu en 1994. Les négociations engagées depuis entre Erevan et Bakou n'ont toujours pas permis de trouver une issue à ce conflit gelé. Aujourd'hui, le Haut-Karabakh, qui vit sans guerre ni paix, espère lui aussi être reconnu par la communauté internationale. Mais l'Azerbaïdjan a prévenu : le Kosovo "ne peut servir de précédent".

6 La Republika Srpska. Le Parti démocratique serbe, fondé par le criminel de guerre recherché Radovan Karadzic, a réclamé lundi l'indépendance de la Republika Srpska. Depuis la fin de la guerre (1992-1995), elle cohabite au sein de la Bosnie avec la Fédération croato-musulmane. Plusieurs ONG serbo-bosniaques ont réclamé de leurs dirigeants ces derniers jours de faire sécession de la Bosnie en contrepartie de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo.

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cette liste n'est pas limitative, nous pouvons y ajouter: l'Ecosse, les Iles Feröe, la Catalogne, la Bretagne, la république chypriote turque, la Flandre, l'Italie du Nord, la Corse, l'ile Bougainville, les Moluques,le Sarahoui, Les Anglo-Normandes, la Corse, la Vojvodine, la Bretagne, la Crimée, le Pountlan, le Tibet, le Cachmire, le Jammu, le Sikkim, les territoires français du Pacifique, le Québec, l'Aceh, etc....... 

10:52 Écrit par Le P dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : independance |  Facebook |

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